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Even if I leave you now, and it breaks my heart

Even if I leave you now, and it breaks my heart
À gauche, il y avait une fillette recroquevillée dans son coin, perdue et effrayée.
À droite, il y avait une jeune femme au charme déstabilisant et à l'attitude provocante.
Devant, il y avait une jeune adolescente au regard rêveur, entourée de bouquins.
Derrière, il y avait une petite fille habillée en garçon qui jouait à une console de jeux vidéos.

Et au centre, il y avait le mixte de ces quatre êtres féminins. Une jeune adulte de dix-huit ans qui regardait tour à tour ses sosies en secouant la tête, les sourcils froncés. Parfois, elle leur criait de l'écouter, mais aucune ne lui prêtait attention. Comment pouvait-elle tout démêler, si les autres n'en faisaient qu'à leur tête?

Au loin, elle voyait le ciel bleu, le soleil éclatant. Elle entendait les oiseaux chanter, elle entendait les enfants éclater de rire. Au loin, il y avait ce qu'elle recherchait avec intensité. Encore une fois, elle ne faisait que regarder, de loin. Sans toucher, sans goûter. Elle ne faisait que regarder, un sourire amer aux lèvres. Elle était gelée jusqu'aux os, étant sous la pluie depuis trop longtemps. Chaque parcelle de son corps dégoulinait d'eau froide, chaque vêtement était collé à elle comme une seconde peau. Et pourtant, elle ne bougeait pas, restant droite comme une statue sous un ciel tempétueux. Même l'orage ne la faisait pas broncher. Elle y était maintenant trop habituée. C'était sa tempête intérieure qui rugissait autour d'elle.

Noir. Elle avait clignée des yeux et maintenant tout était noir. Son apparence avait changé. Elle n'était plus mouillée et elle était vêtue d'un smoking noir ajusté. Le silence était pesant, mais agréable. Une lumière s'alluma et lui présenta un magnifique piano à queue noir. Aussitôt, un faible sourire se dessina sur ses lèvres. Elle glissa doucement sur le banc et immédiatement ses doigts se mirent à danser sur les pièces blanches et noires. Une douce mélodie s'éleva et elle enveloppa gracieusement le néant, le rendant doux. Et le visage de la jeune fille était enfin serein, comme si plus rien n'existait autour d'elle.


Les cinq jeunes femmes ne bougeaient plus, elles ne semblaient même pas en vie. Leur regard identique était tourné vers le haut et le même petit sourire étirait leurs fines lèvres. L'espace de quelques minutes, elles étaient enfin rassemblées.

# Posté le lundi 09 février 2009 00:05

Modifié le jeudi 09 avril 2009 17:15

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